SAINT-JEAN-DE-FOS (Hérault)
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Structures, technique, outils et étapes de la fabrication La technique de fabrication ne diffère pas de celle des autres centres de production du Midi. L'atelier est constitué des mêmes éléments : l'aire avec un puits et des bassins, les locaux de modelage et de séchage, le four. Les vases sont, pour la plupart, façonnés au tour. Quelques objets sont moulés dans des moules de plâtres, comme les grands plats appelés "jattes à lièvre" ou avec des calibres de bois, pour les tuyaux, ou encore dans des moules de métal pour les pavés. Les pièces sont entreposées sur des rayons pour un séchage parfait. L'atelier a conservé les barres de bois fixées aux murs et percées de trous à intervalles réguliers dans lesquels de longues chevilles sont enfoncées et supportent des étagères amovibles. Les objets sont stockés dans les parties hautes de l'atelier. Après un long séchage, les objets sont empilés dans le four pour une unique cuisson. La température atteint presque 1000 degrés après 36 à 48 heures. C'est un four à tirage vertical : le foyer où est jeté le combustible est en partie creusé dans le sous-sol. Les objets à cuire sont placés au-dessus, dans le laboratoire, dont la porte était murée avant chaque cuisson. De simples trous traversent les voûtes pour laisser passer les gaz chauds qui s'échappent sous la toiture à simple couche de tuiles en canal et à charpente métallique (pour diminuer les risques d'incendie). Situation actuelle C'est la dernière unité de production traditionnelle encore intacte dans cette localité célèbre pour cette petite industrie multiséculaire : subsistent le four en état de fonctionnement ainsi que les locaux de modelage et de séchage où sont conservés presque tous les outils. Ces structures industrielles sont d'une grande fragilité. Seul le Gard conserve quelques vestiges d'atelier avec four à Saint-Quentin (atelier Clop pour lequel vient d'être déposée une demande de protection), Uzès (atelier Pichon) et Meynes, eux aussi en grand danger. La commune vient de faire l'acquisition de l'atelier Sabadel pour y établir une maison de la poterie. La mise en valeur des locaux techniques (bassin de décantation, atelier de tournage, four, etc…) peut être réalisée pour une présentation au public en même temps que la collection municipale de poterie (protégée au titre des A.O.A.). Une protection de l'atelier conservant la totalité de ses éléments authentiques, permettra une réhabilitation des locaux sans les dénaturer.
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photos Yvon COMTE © CRMH Languedoc-Roussillon
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