LODEVE (Hérault)
monument aux morts
classement par arrêté du 29 mars 2005

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Le premier projet de Dardé est daté de Paris en 1919 ; la réalisation ne commence qu'en 1921 (après le succès retentissant du Faune au salon de 1920). Le travail commence dans sa maison-atelier à Soubès et sur place dans le parc public. Interrompue à plusieurs reprises, la construction est augmentée de la balustrade monumentale en lourds massifs de pierre de taille, avec grilles en fer forgé (par Bessière, serrurier), bâtie en 1924 ; puis, il est à nouveau prolongé par deux ailes côté terrasse de l'évêché avec une fontaine de part et d'autre (écoulement jusqu'au bassin central du parc). Après les finitions, Dardé signe l'œuvre qui est inaugurée en juin 1930, en présence du ministre Germain Martin mais en l'absence de Dardé. Le monument est en pierre de Lens (Gard) patinée aux acides.

Dardé a voulu insérer sa la composition architecturale dans l'espace de l'ancien parc des évêques, axé sur l'élévation de la façade Nord-Ouest de l'évêché, dans la perspective des casernes Vitalis à l'autre extrémité, ouverte vers le paysage extérieur, dans le cadre des allées de marronniers qui concourent à créer le climat de recueillement.

Le style allie symbolisme et réalisme : 4 femmes debout en ligne à la tête du gisant, graves et hiératiques, peu expressives, symboliseraient le temps et les saisons par leur vêtements à la mode des années 1920, traités avec un raffinement de détail (passementeries, matières …) : l'été est figuré par l'épouse du sculpteur Alice, en simple caraco léger. Une autre femme, la veuve, qu'on ne voit que de dos, s'effondre sur le corps du poilu gisant étalé sur le sol, jambes écartées, le côté gauche décharné au réalisme caractéristique de l'époque. Deux écoliers (le pauvre et le riche) debout aux pieds portent les branches de laurier ; Seule la veuve exprime le mouvement, les autres sont figés.

 

De part et d'autre, des massifs de pierres aux angles marqués de masques aux yeux clos, portent les plaques de noms de défunts ; les deux fontaines portent des masques hilares exprimant la vie (un autoportrait).

 

photos Yvon COMTE © CRMH Languedoc-Roussillon