ANIANE
(Hérault)
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L'abbaye est fondée en 782 par le futur Saint-Benoît d'Aniane. Ce Witiza d'origine wisigothe, éduqué à la cour des rois francs embrasse les ordres et, dès avant 780, se retire en ermite près de l'endroit qui deviendra Aniane. Proche et conseiller de Charlemagne, puis de Louis le Pieux dont il fut le tuteur, il est appelé à la cour d'Aix-la-Chapelle, où il finit ses jours. Il est le grand réformateur de la règle bénédictine, à l'origine du renouveau monastique et culturel de toute la chrétienté occidentale.
Il ne reste apparemment plus de trace ni de l'abbaye carolingienne qui fut pourtant forcément majeure, centre de diffusion de la réforme de Benoît, largement dotée et favorisée par les empereurs, mère de l'abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert) qui deviendra rapidement (dès le XIe s.) sa rivale : le domaine de l'abbaye est vaste ; il englobe dans son enceinte tout le bourg monastique. Rien n'apparaît non plus de l'abbaye médiévale qui fut très prospère et richement dotée avant son déclin extrême au XIVe siècle et sa décadence totale sous le régime de la commende dès avant les guerres de religion.
L'histoire du "bagne d'enfants" d'Aniane est tristement célèbre pour ses révoltes durement réprimées : cet épisode douloureux fait d'Aniane un lieu de mémoire exemplaire qu'il importe de ne pas ignorer.
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photos Yvon COMTE © CRMH Languedoc-Roussillon
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