NIMES (Gard)
CIMETIERE PROTESTANT
inscription par arrêté du 27 décembre 2001

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Son utilisation continue depuis 1779 en fait le plus ancien cimetière protestant collectif en France, il est aussi remarquable pour son aménagement paysager spectaculaire entrepris à partir de 1822 et pour la qualité architecturale des tombeaux.

Les plans, alignements et plantations définies par le Consistoire présentent une certaine unité mais les constructions ont suivi l'évolution stylistique du XIXème siècle.
La sensibilité protestante se remarque dans les tombes recouvertes d'une simple dalle de pierre. Cependant, le tombeau architecturé domine très largement : depuis le type sarcophage plat ou en bâtière jusqu'au petit temple, forme majoritaire mais très variée dans les détails. La référence aux enfeux médiévaux ou à l'architecture romane est évidente pour certains mais on ne trouve aucune chapelle néo-gothique. La référence à l'antique est prédominante : outre les deux pyramides, le temple dorique très austère a conquis la majorité des commanditaires. La tendance très sobre des premières constructions évolue vers l'ordre ionique ou le corinthien laissant une large place à la décoration.
Les motifs ornementaux ont été répertoriés et comparés à leur emploi dans les cimetières catholiques. Cela met en évidence l'emploi prédominant de certains motifs : flambeau, mains jointes, sablier… , l'absence totale d'autres tels les thèmes macabres et le nombre très restreint des croix ou des personnages féminins (2) et des anges (un seul). Les acrotères placés aux angles des chapelles sont devenus des emplacements privilégiés pour la décoration : emploi de motifs végétaux, de têtes d'angelots, ou de personnages compensant l'absence de représentation humaine.
Le second œuvre est également de grande qualité : on peut noter la diversité de motifs des grilles entourant les concessions ou celles des portes des chapelles.
Les tombeaux des personnalités locales manifestent une certaine originalité : celle d'Henri Espérandieu architecte possède la seule mosaïque (signée G. Mora) et celle de Jules Salles la palette du peintre ainsi qu'un bas-relief allégorique.
La tombe la plus célèbre est celle d'André Amenlier contenant la dernière œuvre de James Pradier.