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Son
utilisation continue depuis 1779 en fait le plus ancien cimetière
protestant collectif en France, il est aussi remarquable pour son
aménagement paysager spectaculaire entrepris à partir
de 1822 et pour la qualité architecturale des tombeaux.
Les
plans, alignements et plantations définies par le Consistoire présentent
une certaine unité mais les constructions ont suivi l'évolution
stylistique du XIXème siècle.
La sensibilité protestante se remarque dans les tombes recouvertes
d'une simple dalle de pierre. Cependant, le tombeau architecturé
domine très largement : depuis le type sarcophage plat ou en bâtière
jusqu'au petit temple, forme majoritaire mais très variée
dans les détails. La référence aux enfeux médiévaux
ou à l'architecture romane est évidente pour certains mais
on ne trouve aucune chapelle néo-gothique. La référence
à l'antique est prédominante : outre les deux pyramides,
le temple dorique très austère a conquis la majorité
des commanditaires. La tendance très sobre des premières
constructions évolue vers l'ordre ionique ou le corinthien laissant
une large place à la décoration.
Les motifs ornementaux ont été répertoriés
et comparés à leur emploi dans les cimetières catholiques.
Cela met en évidence l'emploi prédominant de certains motifs
: flambeau, mains jointes, sablier
, l'absence totale d'autres tels
les thèmes macabres et le nombre très restreint des croix
ou des personnages féminins (2) et des anges (un seul). Les acrotères
placés aux angles des chapelles sont devenus des emplacements privilégiés
pour la décoration : emploi de motifs végétaux, de
têtes d'angelots, ou de personnages compensant l'absence de représentation
humaine.
Le second uvre est également de grande qualité : on
peut noter la diversité de motifs des grilles entourant les concessions
ou celles des portes des chapelles.
Les tombeaux des personnalités locales manifestent une certaine
originalité : celle d'Henri Espérandieu architecte possède
la seule mosaïque (signée G. Mora) et celle de Jules Salles
la palette du peintre ainsi qu'un bas-relief allégorique.
La tombe la plus célèbre est celle d'André Amenlier
contenant la dernière uvre de James Pradier.
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