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Président
de la mission interministérielle pour la célébration
du centenaire |
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Par François de Banes Gardonne Directeur
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Il y a, avec les documents d’archives, différentes sortes de rapports possibles. Ceux dont les chercheurs sont coutumiers ne sont pas toujours eux-mêmes placés sous le seul signe de l’austérité. D’archives bien tenues, ni trop clairsemées, ni trop pondéreuses, on est en droit d’espérer sur un sujet qu’on explore, ou dont on est déjà familier, des lumières gratifiantes. La diversité des supports (correspondances, notes, cahiers, carnets, registres, journaux, tracts, prospectus, affiches, documents d’identité, cartes de membres ou de visite, billets, tickets, dessins, croquis, photos, sceaux, tampons gras ou secs, etc.…) est pour l’amateur de vieux papiers, de vieilles calligraphies ou typographies, de vieilles encres une source sans cesse renouvelée de plaisir. Il n’est pas jusqu’au vestige des archives en vrac qui ne comporte des compensations, au premier rang desquelles l’émotion du chercheur de trésor.
Ce qui vaut pour toute espèce d’archives vaut aussi, naturellement, pour les archives concernant les associations, qu’il s’agisse de véritables archives associatives ou d’éléments d’archives qu’on a découverts mêlés à d’autres documents. Et ce, d’autant plus que l’extraordinaire diversité des investissements associatifs se reflète dans celle du matériel auquel ceux-ci ont donné naissance. Et encore qu’il y a, dans ce matériel, un peu comme dans le matériel scolaire, qu’il provienne d’associations qu’on a connues ou d’autres, quelque chose du souvenir de famille. Les archives associatives et leurs accroche-cœurs (tels statuts soigneusement calligraphiés et paraphés, telles publications artisanales, tels insignes) sont de celles ou chacun reconnaît au moins un reflet de son propre passé, ou d’un passé qu’il aurait pu avoir.
Ainsi est ce de la part de la DRAC du Languedoc-Roussillon une initiative particulièrement heureuse que d’avoir réuni sur Internet ces documents témoignant de la vitalité, avant même et après le vote de la loi de 1901, des associations des cinq départements de la région et de quelques-unes unes de ses grandes villes. Il y en a pour tous les goûts : archéologues amateurs, anciens combattants, militants de diverses confessions et libres penseurs, cinéphiles de la première heure, sportifs de tous poils, amis des animaux, pionniers de l’éducation populaire. Il y en a de toutes tailles et de tous styles. Que certains intervenants regretteront peut être de ne pouvoir toucher, humer, scruter mieux que ne le permet Internet. Mais ce n’est pas rien que, par cette voie, les archives viennent à vous plutôt qu’il faille aller à elles. Sans solennité mais avec un tendre éclat. |
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Jean-Michel Belorgey. |
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Par François
de Banes Gardonne, |
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Quelle idée peut-on se faire des associations en Languedoc-Roussillon quand on choisit d’interroger le patrimoine documentaire conservé par les archives départementales et municipales de cette région ? Cent ans après la promulgation de la loi relative au contrat d’association, 2001 fournissait une bonne occasion de se poser cette question, même si, en Languedoc comme ailleurs, c’est plutôt en 1880, voire 1790 date ici retenue , qu’il convient de faire commencer l’histoire du mouvement associatif.
Du rapport de police à l’affiche annonçant un concert de bienfaisance, d’une demande de subvention adressée à un maire ou à un préfet à la photographie d’un club sportif ou au texte de statuts témoignant de préoccupations d’une autre époque, les pièces ici présentées sont des plus diverses ; tout comme sont divers les domaines d’activité des associations évoquées, lesquels – pour ne s’en tenir qu’à quelques exemples – comprennent aussi bien la cartophilie, la lutte antinucléaire et l’assistance aux mutilés de guerre que la création de jardins ouvriers ou la protection du patrimoine. S’agissant de ce dernier domaine, on ne s’étonnera pas qu’en écho aux Journées du patrimoine 2001 consacrées aux relations entre patrimoine et associations, le sujet bénéficie d’un éclairage particulier dans la visite thématique qui propose l’observation de quelques Reflets de l’histoire. Au gré de ses curiosités, l’internaute peut en effet parcourir l’exposition suivant quatre itinéraires différents. Il se voit également offrir quelques Outils pour aller plus loin, tels qu’une première approche quantitative tentée pour le département de l’Aude ou le nom des vingt-cinq associations " dernières nées " à la date anniversaire du 1er juillet 2001. Au-delà d’une sensibilisation du grand public à l’ampleur et à la qualité du mouvement associatif en Languedoc-Roussillon, je souhaite en effet qu’en dépit (ou en raison ?) de ses lacunes, une telle initiative contribue à relancer l’intérêt des chercheurs et des étudiants pour cette réalité essentielle dans le devenir social, politique et culturel d’une région.
Pour cette exposition proposée et réalisée par le direction régionale des affaires culturelles, une centaine de documents écrits ou graphiques ont été sélectionnés et commentés par les archivistes de la région qui ont accepté, donc, de se lancer dans une entreprise commune nécessairement synonyme de surcroît de travail. Que cette collaboration entre une DRAC et les services d’archives de trois villes et de cinq départements trouve à s’exprimer par le canal du réseau Internet me paraît illustrer de façon symbolique le parti qui peut être tiré des technologies numériques pour l’expérimentation de nouvelles relations de travail entre l’Etat et les collectivités territoriales dans le domaine de la culture. |
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François de Banes-Gardonne |
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